XF 100-400 : Vue sur X-T1
Test

XF 100-400 : le test terrain

Le Fujinon XF 100-400mm f/4.5-5.6 R LM OIS WR, annoncé par Fujifilm en janvier, est le super télé-zoom qu’attendaient avec impatience les photographes d’animalier et de sport. Avec sa plage de focales – équivalente à un 152-609mm plein format – c’est l’objectif qui manquait encore à la gamme. Mais que vaut-il sur le terrain ? C’est ce que nous allons voir dans ce test XF 100-400.

 

Caractéristiques du XF 100-400

Avant de passer au compte rendu des tests, un petit rappel des caractéristiques principales de l’objectif :

  • Formule optique composée de 21 lentilles réparties en 14 groupes
  • 5 lentilles ED et une lentille Super ED servant à réduire les aberrations chromatiques
  • Diaphragme à 9 lamelles
  • Focale 100-400mm équivalent à 152-609mm en 24×36
  • Angle de champ 16.2°~4.1°
  • Ouverture glissante, de f/4.5 à f/5.6 (maximum) à f/22, par incrément de 1/3 IL
  • Stabilisation optique jusqu’à 5 IL
  • Plage de mise au point de 1,75m à l’infini
  • Grossissement maximum 0,19x (téléobjectif)
  • 1375 grammes (sans bouchon, pare-soleil et collier de trépied)
  • Diamètre de filtre 77mm

La boite contient :

  • L’objectif
  • Le pare-soleil
  • Les bouchons avant et arrière
  • Le collier de trépied
  • Une housse de protection
  • La documentation

 

Prise en mains

La première impression, celle que l’on se fait en quelques secondes lorsque l’on prend en mains un objectif pour la première fois, fût assez surprenante pour moi : alors que je m’attendais à soulever un monstre lourd et peu maniable, j’ai au contraire trouvé ce XF 100-400 plutôt léger (tout restant relatif) et agréable à tenir en mains.

Equipé sur mon X-T1 (sans grip) il est certes imposant – le boîtier semble minuscule en comparaison – mais finalement bien équilibré en le soutenant dans le creux d’une main, pendant que l’autre main tient le boîtier. Il ne donne nullement l’impression de vouloir pencher excessivement vers l’avant et l’ensemble se manipule sans efforts.

Pour vous donner une idée de ses dimensions, voici une série de photos de l’objectif sur le X-T1, en position 400mm, avec le pare-soleil, et comparé aux XF 18-55 et 55-200 :

Fujinon XF 100-400 : les dimensions

Les dimensions du Fujinon XF 100-400

 

Pour bien le tenir en main, il est nécessaire de faire tourner le collier de pied vers le haut et le verrouiller dans cette position, ou bien de retirer le support pour trépied : l’objectif peut ainsi reposer largement sur la paume de la main afin de garantir un bon niveau de préhension et de stabilité.

Comme tous les derniers objectifs de la gamme XF, celui-ci transpire la qualité de fabrication et la robustesse. Les fûts sont en matériau composite solide, la construction et le toucher de l’objectif dans son ensemble est très similaire au XF 55-200. Si vous possédez le XF 55-200, imaginez-le en version agrandie et vous pourrez vous faire une idée assez précise de la sensation que procure un XF 100-400 en mains.

Les bagues de zoom et mise au point en caoutchouc sont souples, larges, précises et parfaitement ajustées sur le fût. La bague des ouvertures est agréable : bien crantée (par tiers de diaphragme) et dotée une bonne résistance, on peut facilement la faire tourner sans quitter l’oeil du viseur mais elle reste suffisamment ferme pour ne pas se dérégler au moindre contact. Ouverture glissante oblige, il n’y a aucune échelle des diaphragmes avec à la bague et il faudra donc régler l’ouverture avec l’écran LCD ou bien l’oeil collé au viseur.

Le collier de pied (en métal) dispose d’une sorte de « frein » permettant de le positionner très précisément, et sans jeu apparent. Le support pour trépied est fixé au collier par deux vis et on peut le démonter rapidement (les vis restent solidaires du support, pas de risque de les perdre). Une fois monté sur trépied, il n’y a aucun jeu au niveau du collier : j’avais pourtant lu le contraire sur un site qui indiquait que l’objectif penchait légèrement, mais durant mes tests ça n’a pas du tout été le cas, même en position 400mm qui étend l’objectif au maximum, il n’a pas bougé d’un micro-poil sur le trépied.

WR oblige, la baïonnette est dotée d’un joint d’étanchéité et l’on sent que l’eau aura bien du mal à s’immiscer dans l’optique tellement tous les éléments semblent étroitement ajustés.

Le fût interne s’étend lorsque l’on commence à zoomer, à l’instar des XF 16-55, 18-55 ou 55-200. Il est cependant parfaitement bien intégré au fût principal et glisse sans efforts lorsque l’on manipule la bague de zoom, avec toutefois un brassement d’air assez audible. A 400mm l’objectif est vraiment long mais reste bien équilibré dans la main pour peu que celle-ci soit bien positionnée.

L’objectif comporte quatre boutons de type « interrupteur » :

  • Un bouton LOCK qui permet de verrouiller la bague de zoom à la position 100mm, afin que celui-ci ne s’étende pas lorsque l’objectif pointe vers le sol,
  • Un bouton OIS qui sert à activer ou désactiver la stabilisation optique
  • Un bouton pour activer ou désactiver l’ouverture automatique (mode A)
  • Un bouton permettant de spécifier l’étendue de la recherche AF :
    • FULL pour que l’AF tente de faire le point sur toute la plage des distances
    • 5m à l’infini pour que l’AF soit un plus rapide en réduisant sa zone de recherche (dans ce cas tout sujet à moins de 5 mètres ne pourra pas être mis au point par l’AF)

Ces boutons sont de bonne facture, ni trop souples ni trop fermes. On regrettera cependant qu’ils ne soient pas assez protubérants et sans doute qu’ils seront un peu difficiles à manipuler par le photographe animalier équipé de gants épais.

Fujinon XF 100-400 : Vue des boutons

Boutons du Fujinon XF 100-400

 

Le diamètre des filtres est de 77mm tout comme les deux autres zooms haut de gamme de la marque. Le bouchon d’objectif, plat, lui aussi similaire à celui des deux zooms pro, s’insère facilement sur l’objectif et reste bien fixé dans le sac.

En revanche, la qualité du pare-soleil (fourni avec l’objectif) est en deçà du reste, comme c’est hélas souvent la tendance avec les dernières optiques Fujinon. En plastique un peu « cheap », il paraît bien moins solide que le reste. Cependant il reste bien accroché une fois vissé sur l’objectif et dispose d’un bouton de verrouillage qu’il convient de presser pour le retirer. A noter qu’il est équipé d’un volet glissant qui permet d’accéder facilement à un filtre doté d’une bague de réglage, tel un polarisant ou un ND variable, et ça c’est une très bonne idée qu’il faut saluer !

Globalement, mon ressenti avec cet objectif en mains est très bon : pas trop lourd, agréable à manipuler avec ses bagues souples et précises, de construction sérieuse, je n’aurai aucun stress à l’utiliser par tous temps. D’ailleurs il m’a accompagné tout ce week-end de tests, d’abord à la montagne sous la neige tombante, puis au bord de mer sous une pluie fine.

Monté sur mon X-T1 sans grip ni courroie de cou, je n’ai ressenti aucune fatigue, ni lors des prises de vues, ni en marchant (je le tenais au creux de mon bras replié sur le ventre). Soyons clairs, il reste dans une toute autre catégorie que les petits fixes Fujinon légers dont nous sommes habitués, mais il faut garder à l’esprit pourquoi on utilise un tel objectif, et pour les performances qu’il propose son poids et son encombrement s’oublient vite !

 

Autofocus

Globalement, l’autofocus est rapide et silencieux. Pour une optique vouée au sport et à l’animalier, le minimum attendu c’est de bonnes performances AF et sur ce point le XF 100-400 ne déçoit pas, du moins avec une bonne lumière ambiante. À titre de comparaison, il est plus rapide que celui de mes XF 16 f/1.4 et XF 90 f/2, mais moins rapide que l’AF du XF 16-55 f/2.8. Mais surtout, il est très silencieux, on ne l’entend quasiment pas.

En bord de mer, malgré un temps maussade, je n’ai eu aucun mal à faire le point rapidement sur tous les sujets, que ce soit en AF-S ou en AF-C, en mise au point unique, en mode zone ou en mode large/suivi. Dans tous les cas, le X-T1 et le 100-400 ont été redoutables d’efficacité. En positionnant le bouton de distance mini sur 5m pour optimiser les performances AF, la rapidité de mise au point m’a vraiment rassuré sur le potentiel de cet objectif à suivre les sujets en mouvements.

Fujinon XF 100-400 : 290mm, 1/1000s à f/5.2, ISO 250, AF-C en mode zone

Fujinon XF 100-400, 290mm, 1/1000s à f/5.2, ISO 250, AF-C en mode zone

 

J’ai fait quelques prises de vues de suivi en rafale, et, bien je ne sois pas très doué dans cet exercice, j’ai pu réussir quelques séquences avec une majorité de photos nettes. Dans la série ci-dessous, prise à 200mm, 8 photos sur les 9 sont nettes :

Fujinon XF 100-400 : AF-C en mode zone et rafale

Fujinon XF 100-400, AF-C en mode zone et rafale

 

Dans cette seconde série, prise à 100mm, toutes les photos sont nettes :

Fujinon XF 100-400 : AF-C en mode zone et rafale

Fujinon XF 100-400, AF-C en mode zone et rafale

 

En revanche, lorsque la lumière commence à baisser, les performances AF deviennent plus irrégulières, un peu moins rapides, avec parfois des échecs de mise au point (curseur AF rouge). Mais ici, c’est le boîtier qui montre ses limites puisque c’est un phénomène que je peux aisément reproduire avec toutes mes optiques Fujinon.

A main levée et en suivi AF, une bonne lumière est souhaitable. En pleine journée, ce 100-400 réagit au quart de tour et maintient son sujet net en suivi/rafale. A l’aube, au crépuscule ou en intérieur c’est moins évident : non seulement la montée en ISO sera obligatoire, mais les performances AF seront moins bonnes, voire même parfois médiocres avec l’AF qui patine et échoue à effectuer la mise au point.

 

Stabilisation optique

« Bluffé » est le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire la « stab » de ce 100-400 !

Je n’aurai jamais imaginé – moi qui suis plutôt habitué à manipuler des courtes focales – être capable de prendre une photo relativement nette en intérieur, avec l’équivalent d’un 600mm en 24×36 au… 1/18s :

XF 100-400, 400mm, 1/18s à f/5.6, ISO 6400

Fujinon XF 100-400, 400mm, 1/18s à f/5.6, ISO 6400

 

Il faut vraiment l’essayer pour s’en rendre compte : avec la stabilisation activée on a l’impression que l’appareil est sur trépied tellement l’image reste quasiment immobile dans le viseur. Et même à 400mm… c’est impressionnant.

La stabilisation de mon 55-200 m’avait déjà convaincu du savoir faire des ingénieurs de Fujifilm dans ce domaine, mais ce 100-400 met la barre encore plus haut. Chapeau !

En outre la stabilisation est rapide, presque sans latence, ce qui évite de devoir attendre 2-3 secondes que l’image soit bien stabilisée avant de déclencher. Durant tout ce week-end de tests je ne l’ai pas désactivée une seule fois, sauf lors des prises de vues sur trépied où il est nécessaire de le faire.

Cette optique offre un potentiel de déclenchement à main levée qui est complètement nouveau pour moi : non seulement le 100-400 n’est pas trop lourd, mais sa stabilisation exemplaire permet de réaliser des images à longue focale qu’il aurait été difficile d’obtenir il y a quelques années.

 

Qualité d’image

Les optiques Fujifilm sont toutes de haut vol et celle-ci ne fera pas défaut à la réputation du constructeur.

Je ne suis pas un grand fan des zooms, leur préférant les fixes, mais force est de reconnaître que cet objectif se situe dans la même lignée que les XF 16-55 et 50-140 dont il partage fièrement le logo XF sur fond rouge. On peut toujours tiquer sur son ouverture glissante et modeste, mais certainement pas sur sa qualité d’image.

C’est avec un temps exécrable durant tout le week-end que je suis parti tester le 100-400 en montagne et au bord de mer, et hélas la faible lumière ambiante m’a obligé à souvent monter en ISO pour maintenir des vitesses d’obturation acceptables. C’est un peu dommage, car les photos publiées ici ne mettent pas pleinement en valeur les qualités optiques de cet objectif, j’aurai bien aimé pouvoir conduire ce test en plein soleil et à 200 ISO constant. D’un autre coté, j’imagine que ça vous donnera une idée de son potentiel dans les plus mauvaises conditions météo.

Le piqué

Dire que le 100-400 est « piqué » est un euphémisme. Le savoir faire de Fujifilm pour la conception d’optiques superlatives est bien connu, mais je ne peux que rester scotché lorsque je visualise les photos prises avec ce zooms sur mon écran. A notre époque il n’y a plus de mauvais objectifs, mais chez Fujifilm il en devient même difficile de différencier les zooms des fixes, ce qui est assez exceptionnel.

XF 100-400 : 218mm, 1/500s à f/5, ISO 200

Fujinon XF 100-400, 218mm, 1/500s à f/5, ISO 200

Fujinon XF 100-400 : 218mm, 1/500s à f/5, ISO 200 (crop 100%)

Fujinon XF 100-400, 218mm, 1/500s à f/5, ISO 200 (crop 100%)

 

XF 100-400 : 100mm, 1/680s à f/4.5, ISO 200

Fujinon XF 100-400, 100mm, 1/680s à f/4.5, ISO 200

Fujinon XF 100-400 : 100mm, 1/680s à f/4.5, ISO 200 (crop 100%)

Fujinon XF 100-400, 100mm, 1/680s à f/4.5, ISO 200 (crop 100%)

 

XF 100-400 : 176mm, 1/500s à f/4,8, ISO 1000

Fujinon XF 100-400, 176mm, 1/500s à f/4,8, ISO 1000

XF 100-400 : 176mm, 1/500s à f/4,8, ISO 1000 (crop 100%)

Fujinon XF 100-400, 176mm, 1/500s à f/4,8, ISO 1000 (crop 100%)

 

J’ai effectué quelques tests comparatifs, sur trépied, entre le XF 100-400 et le XF 55-200. L’un étant le grand frère de l’autre cette comparaison me parait logique. Le 55-200 étant déjà réputé comme très « piqué », voyons où se situe le 100-400 en comparaison.

Note : je ne possède pas les bancs et outils de mesure permettant d’effectuer des tests précis et rigoureux de la formule optique. Je me garderai donc de vous présenter des résultats approximatifs sur le piqué réel. En revanche je peux tout à fait comparer les optiques entre elles en utilisant exactement la même procédure de tests. Les captures ci-dessous sont pertinentes pour visualiser les différences de piqué entre les objectifs, mais ne sont pas assez précises pour évaluer le piqué « pur ».

Comparaison du XF 100-400 avec le 55-200, au centre :

xf-100-400-vs-55-200-centre

Bien que le 55-200 soit pourtant une optique très piquée, on constate que le 100-400 est un cran au dessus, et ce dès la pleine ouverture. A partir de f/11 les différences s’estompent un peu, mais comme le 100-400 sera le plus souvent utilisé à pleine ouverture on ne peut être qu’heureux de constater son excellent rendu dès f/4.5.

Comparaison du XF 100-400 avec le 55-200, en coin :

xf-100-400-vs-55-200-coin

Ici les différences sont flagrantes ! Jugez de la netteté dès la pleine ouverture comparé au 55-200. Le rendement maximum, comme c’est toujours le cas, se trouve en fermant d’un à deux crans soit f/8 et f/11, mais comme on peut le voir, à toutes les ouvertures le 100-400 est homogène et nettement supérieur au 55-200 dans les coins.

Sur la photo d’une façade, à 200mm, je retrouve les mêmes différences, avec beaucoup plus de détails et de contrastes sur le 100-400 :

xf-100-400-vs-55-200-200mm

 

Surpris par le piqué de ce zoom, j’ai voulu pousser le bouchon plus loin et je me suis amusé à le comparer au XF 90 f/2, qui est sans aucun doute l’optique « reine du piqué » dans la gamme. Hérésie me direz-vous, on ne compare pas un tel zoom à un fixe, qui plus est la référence actuelle chez Fujifilm, mais je crois que c’est un exercice intéressant pour voir ou se situe le 100-400 sur l’échelle du superlatif. Les résultats sont assez étonnants…

Comparaison du XF 100-400 avec le 90 au centre :

xf-100-400-vs-90-centre

Il n’y a pas de mystère, le 90 est devant, mais je n’aurai jamais imaginé que le 100-400 puisse être aussi proche de ce fixe si exceptionnel ! Comparez donc le 100-400 à f/4.5 (sa pleine ouverture) au 90 à f/4.5 (quasiment son pic de netteté). Comme dirait un de mes amis : il n’y a pas la ligne droite de Vincennes entre les deux. C’est tout à fait remarquable et si vous aviez encore des doutes, ceci ne peut que démontrer à quel point ce 100-400 est réussi et vous permettra d’obtenir des images aux détails croustillants.

Comparaison du XF 100-400 avec le 90 en coins :

xf-100-400-vs-90-coin

Ici les différences sont légèrement plus marquées, mais ça reste toujours d’un très haut niveau.

Vous l’aurez compris, le 100-400 trouve sa place sans aucun problème sur le podium des zooms ultra-piqués à coté des XF 16-55 et XF 50-140, dont il est le parfait complément.

 

Bokeh

Le bokeh est doux et crémeux, bien que par moments il puisse montrer un peu de nervosité. Sur toute la longueur focale les flous d’arrière plan sont très progressifs et bien détachés, visuellement agréables.

A 100mm :

Fujinon XF 100-400 : Bokeh à 100mm

Bokeh à 100mm du Fujinon XF 100-400

Fujinon XF 100-400 : Bokeh à 100mm (crop 100%)

Bokeh à 100mm du Fujinon XF 100-400 (crop 100%)

 

A 400mm :

Fujinon XF 100-400 : Bokeh à 400mm

Bokeh à 400mm du Fujinon XF 100-400

Fujinon XF 100-400 : Bokeh à 400mm (crop 100%)

Bokeh à 400mm du Fujinon XF 100-400 (crop 100%)

 

 

Ouverture glissante

f/4.5 à 100mm et f/5.6 à 400mm c’est donc l’ouverture minimum possible avec cette optique. On pourrait se prendre à rêver d’un f/4 constant, mais le poids et le prix de la bête seraient tout autres. Il faudra donc composer avec l’ouverture glissante que propose ce 100-400, et ceci oblige à jouer assez souvent avec les ISO.

Durant mes tests j’ai été amené très souvent à monter mes ISO, de 400 à 1600 suivant les situations, pour maintenir des vitesses d’obturation « acceptables ». Certes la fantastique stabilisation optique permet de photographier à 200 ISO et au 1/20s, mais ceci n’est possible que sur les sujets statiques : en effet, la stabilisation optique évite les flous de bouger, mais en aucun cas elle ne peut éviter les flous de mouvement. Or, en animalier comme en sport, le sujet est rarement immobile et contre ça il n’y a pas de mystère, il faut une vitesse d’obturation suffisante pour figer l’action.

A 400mm on est déjà à f/5.6 comme « pleine ouverture », c’est à dire que si l’on veut fermer d’un cran pour optimiser la qualité d’image (ou chercher un peu de profondeur de champ) on se retrouve tout de suite à f/8, voire f/11. En plein air ensoleillé il ne sera pas difficile de maintenir ces ouvertures couplées à un 1/1000s, et ce à 200 ISO, mais en intérieur ou en fin d’après midi, la montée en ISO sera inévitable.

 

Images d’exemples

 

 

Conclusion

Si vous êtes photographe animalier ou sportif, je pense qu’il n’y a pas lieu de se poser la question : cette optique est faite pour vous et vous ne pourra pas vous décevoir, si tant est que vous puissiez vous satisfaire de son ouverture glissante et moyennement lumineuse.

En pleine journée, avec une belle lumière, ses performances AF et sa qualité d’image superlative vous permettront d’assurer de magnifiques photos, aussi bien en prise de vue unique qu’en rafales avec suivi. Lorsque la lumière vient à baisser, ou en intérieur, il n’y a pas de magie et il faudra monter sensiblement les ISO pour pouvoir tenir des vitesses d’obturation élevées nécessaires pour le suivi de sujets en mouvements. C’est ici sans doutes que l’ouverture modeste montrera ses limites. Cependant, les bonnes capacités du X-Trans à encaisser des montées en ISO propres (en gardant à l’esprit que le prochain X-T2 mettra certainement la barre encore plus haut) compenseront assez bien ceci.

Objectif bien construit, solide mais aux bagues douces, résistant aux intempéries, doté d’une stabilisation optique exceptionnelle, d’un piqué impressionnant et d’un « bokeh » très doux, il a tout pour séduire. Certes d’apparence assez démesurée monté sur un petit boîtier Fujifilm, il n’en reste pas moins un outil redoutable que tout photographe expert souhaitera ajouter à son sac.

J’ai aimé :

  • la qualité de construction
  • la prise en mains agréable
  • le piqué fabuleux pour un zoom
  • le bokeh doux et agréable
  • la stabilisation optique exceptionnelle
  • l’autofocus rapide et précis
  • les bagues douces et souples
  • les boutons ni trop fermes ni trop mous
  • le collier de pied en métal et sans jeu
  • la protection tous temps

J’ai moins aimé :

  • le pare-soleil en deçà du reste
  • l’ouverture glissante et modeste, obligeant souvent à monter en ISO
  • le bruit du brassement de l’air en zoomant

Mon opinion : hautement recommandé !

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4 Commentaires

  • Répondre Sylvain Gaudin 21 août 2016 à 11 h 17 min

    Après avoir trouvé cette optique en occasion, j’ai réalisé pas mal de clichés. Cette longue focale est assez compacte et légère et peut être emportée lors de longues randonnées (il m’a juste été nécessaire d’investir dans un sac un peu plus grand). J’ai eu une légère aberration chromatique sur des oiseaux en vol, mais rien de méchant. En terme d’ergonomie, la molette des diaphragmes n’étant pas gravée, il faut penser à régler son diaphragme à la sortie du sac ou lors d’un changement d’optique (pour retrouver notamment la pleine ouverture, souvent utilisée en animalier).

  • Répondre Thanh 7 avril 2016 à 10 h 04 min

    C’est l’objectif que je voudrais avoir dans mon sac pour mes randonnées. Du coup, l’ouverture n’est pas un problème pour du paysage 🙂

  • Répondre Sylvain Gaudin 28 mars 2016 à 18 h 13 min

    Merci pour ce test détaillé et documenté. J’hésite encore à l’acheter…

  • Répondre Daniel_c 7 mars 2016 à 18 h 35 min

    Merci pour ce premier test « de terrain » , bien illustré.

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