EF-X500
Guide, Tutoriel

Photographier au flash – Partie 2

Dans le premier article nous avons vu comment fonctionne un flash, quelles sont ses limites et comment trouver le bon équilibre flash / ambiance. Nous allons maintenant aller un peu plus loin et découvrir comment améliorer nos images sous éclairage artificiel.

Cette article fait suite à « Photographier au flash – Partie 1« , si vous ne l’avez pas encore fait, je vous recommande de commencer par lire la première partie.

Reprenons à partir de notre dernière image (non post-traitée) :

XT109125

 

Il reste à traiter les petits problèmes restants :

  • les ombres dures
  • l’aspect « froid clinique » du sujet sur un fond plutôt chaud
  • les reflets disgracieux du flash

 

Les ombres

Comme nous le voyons sur la dernière photo, l’éclair du flash a provoqué l’apparition d’ombres dites « dures » qui se manifestent sous la langue de la peluche ainsi que sur le mur. Ce que l’on appelle ombres dures sont les ombres dont les bords sont très nets, à l’inverse des ombres douces dont les bords se diffusent progressivement.

Tout le monde sait qu’une source de lumière projète des ombres, mais il est bon d’expliquer quelles lois régissent la dureté des ombres ainsi que leur intensité.

Travailler efficacement au flash nécessite de connaître ces deux lois :

  • Loi 1 : plus la source de lumière est petite et éloignée, plus les ombres sont dures et sombres
  • Loi 2 : plus la source de lumière est grande et proche, plus les ombres sont douces et claires

Illustrons ceci avec des exemples, que vous pouvez facilement simuler vous-mêmes sur ce site : http://www.zvork.fr/vls/

Tout d’abord, éclairons un sujet avec un flash (type « cobra ») positionné à une distance de 2m. Le flash est positionné un peu au dessus et sur la gauche du visage :

flash_2m

 

Comme nous le voyons, l’ombre projetée par le nez est très dure, c’est à dire qu’elle présente un contour net. Elle est aussi très sombre, quasiment noire. C’est ce genre d’ombre que vous retrouvez sur vos photos de soirée lorsque vous photographiez vos amis avec le petit flash « popup » de l’appareil.

Pourquoi ? Parce que la surface de diffusion du flash (sa fenêtre) est petite et qu’il est éloigné du sujet (c.f. loi 1).

Maintenant observons ce qui se passe lorsque nous rapprochons le flash du sujet, en passant de 2m à 50cm :

flash_05m

 

C’est le même flash, donc la même surface de diffusion, et pourtant nous remarquons ici que l’ombre du nez est un peu plus diffuse et un peu moins sombre. Le simple fait de rapprocher le flash du sujet adoucit les ombres.

Gardez donc toujours à l’esprit que plus vous approchez la source de lumière du sujet, plus vous adoucissez les ombres.

Maintenant voyons ce qui se passe en agrandissant considérablement la surface de diffusion de la source lumineuse. Insérons le flash à l’intérieur d’une boite à lumière (aussi appelée « softbox ») de 60 x 90cm. Nous la plaçons de nouveau à 2m du sujet :

softbox_2m

 

Comparez avec les deux précédentes images : la différence est saisissante ! L’ombre du nez est beaucoup plus douce, très diffuse.

Pourquoi ? Parce qu’en augmentant considérablement la surface de diffusion de la source de lumière, nous rendons les ombres plus douces (c.f. loi 2).

Enfin, approchons la boite à lumière à 50cm du sujet :

softbox_05m

 

Il n’y a quasiment plus d’ombre. Elle est tellement diffuse et claire qu’elle ne se distingue pratiquement plus.

Souvenez vous également que plus vous agrandissez la source de lumière du sujet, plus vous adoucissez les ombres.

Ces quatre exemples confirment bien les deux lois annoncées :

  • Plus la source de lumière est petite et éloignée, plus les ombres sont dures et sombres
  • Plus la source de lumière est grande et proche, plus les ombres sont douces et claires

L’explication est assez simple et illustrée ainsi :

LIGHT

 

A gauche, une petite source de lumière éloignée du sujet. La surface de la source, relative à la taille du sujet, fait que les rayons lumineux (qui partent dans toutes les directions) éclairent le sujet mais pas ce qui se trouve derrière : l’ombre projetée est nette et sombre.

A droite, une grande source de lumière proche du sujet. Cette fois la surface de la source, plus grande que le sujet, fait que les rayons lumineux éclairent à la fois le sujet mais aussi ce qui se trouve derrière : l’ombre projetée existe toujours, mais elle est atténuée et adoucie car une partie des rayons lumineux de la source l’atteignent directement, et donc l’éclaircissent de manière progressive.

Vous avez bien souvent constaté ce phénomène en vous promenant : par une belle journée ensoleillée et sans nuages, les ombres projetées par les objets et les passants sont bien définies et noires. Comme le soleil est éloigné et que sa taille est très petite dans le ciel, les ombres projetées s’apparentent à celles issues de votre flash « popup » utilisé à 2 ou 3m.

Cependant, lorsque le ciel est couvert de nuages il n’y a quasiment plus aucune ombre sur le sol. Cette fois les nuages agissent comme une boite à lumière géante qui diffuse et éclaircit tellement les ombres qu’elles disparaissent presque totalement.

 

Quels sont les moyens de réduire les ombres ?

Le pire scénario, nous l’avons vu, c’est d’éclairer le sujet avec le flash « popup » directement orienté sur lui. D’autant plus si vous êtes relativement éloigné.

Vous rapprocher va légèrement atténuer les ombres mais ce ne sera pas assez significatif pour résoudre le problème. Et puis suivant la focale que vous souhaitez employer, vous ne pourrez pas vraiment jouer sur la distance avec votre sujet.

La seule solution c’est d’agrandir la surface de diffusion de la source lumineuse. Au lieu d’une source émise par une petite « fenêtre » de 1 x 2cm, vous chercherez à en augmenter considérablement la surface.

Voici quelques moyens d’y parvenir…

 

Acheter un flash « cobra »

Le flash cobra se fixe sur la griffe porte-flash de votre appareil et il apporte plusieurs avantages par rapport au flash « popup » intégré :

  • sa surface de diffusion est plus grande (bien qu’encore largement insuffisante)
  • il est plus puissant et permet d’envoyer des éclairs de plus forte intensité lumineuse
  • sa tête pivote dans plusieurs directions
  • pour certains modèles, il peut être déporté et déclenché à distance

Un flash très populaire pour les appareils Fujifilm est le Nissin i40, c’est un petit flash léger qui s’accorde très bien avec la dimension et le poids réduit des boîtiers de la marque, tout en étant relativement puissant et TTL. Son prix est très bien placé en rapport avec ses performances et sa qualité de fabrication. A mon sens, c’est le flash parfait pour les appareils de la gamme X-Premium.

Nissin i40 pour Fujifilm

 

En version un peu plus puissante et plus riche en fonctionnalités, le Nissin i60 est également à considérer.

Enfin, pour rester dans la marque, le Fujifilm EF-X500 représente le haut de gamme, très puissant et complet, mais aussi plus cher et plus volumineux. C’est un flash qui est à considérer sérieusement pour des travaux nécessitant une plus grande puissance (par exemple photographier un petit groupe de personnes) et/ou la photographie au flash déporté (contrôle à distance du flash).

Fujifilm EF-X500

 

Note : les photos qui suivent ont été prises avec le Nissin i40.

 

Utiliser le diffuseur fourni

Avec la plupart des flashs cobra est fourni un petit diffuseur semi opaque qui se fixe sur la tête du flash, comme ceci :

Diffuseur pour flash cobra

 

Comme son nom l’indique, ce petit accessoire permet de diffuser la lumière du flash. Celle ci va se répartir sur toute la surface du diffuseur (et ses bords) afin de rendre les ombres un poil moins dures. Je dis bien « un poil » car la différence avec ou sans est franchement peu perceptible.

A titre de comparaison, voici les deux photos avec le i40 sans diffuseur et avec le diffuseur :

Nissin i40 sans diffuseur

Nissin i40 avec diffuseur

 

Vous le voyez, la différence dans les ombres sur le chien est assez ténue, quoi que perceptible : sur la 2ème image on voit que le diffuseur a très légèrement adouci le contour de l’ombre, et on note aussi que le point blanc de l’éclair, réfléchi par le pot de fleurs, est un peu plus visible, ce qui prouve que le faisceau lumineux est plus large que sur la première image.

Globalement le diffuseur seul n’est pas suffisant à améliorer considérablement les choses, si sa surface de diffusion est légèrement plus importante, cela reste marginal par rapport au flash nu.

 

Diffuser avec une feuille de papier

En positionnant une simple feuille de papier devant la tête du flash (à environ 10cm), on peut étendre considérablement la surface de diffusion de la lumière. Passer d’une surface de 5 x 3cm à 30 x 20cm, ce n’est pas rien !

Bien que ça ne soit pas forcément très pratique à tenir d’une main, ça reste jouable et simple à mettre en oeuvre. Une feuille de papier se trouve n’importe où et c’est une solution de secours très facile à employer pour grandement réduire les ombres.

Voici ce que ça donne avec une feuille A4 tenue à 10cm devant la tête du Nissin i40 :

Nissin i40 avec feuille de papier

On peut constater immédiatement que l’ombre est bien plus claire et plus diffuse. De plus, le reflet du flash dans le pot de fleurs montre clairement que la surface de diffusion est plus grande.

En rapprochant le flash (et la feuille) du sujet, comme nous l’avons vu plus haut, nous aurions pu adoucir encore plus les ombres.

L’exemple ci-dessus correspond au principe – simplifié – de la boite à lumière dans laquelle on insère le flash. Le but, c’est que le flash n’éclaire plus directement le sujet mais éclaire cette surface blanche de grande dimension. En s’illuminant elle devient source de diffusion de grande taille.

Plus pratique que la feuille blanche tenue d’une main, vous pouvez faire l’acquisition d’une mini « softbox » à fixer sur la tête du flash. Le fabriquant LumiQuest propose plusieurs produits très peu onéreux de plusieurs dimensions. Attention toutefois de ne pas acheter une mini softbox trop grande pour un petit flash comme le i40 !

Mini softbox LumiQuest

 

Alternativement, un autre produit très populaire pour diffuser la lumière est le Gary Fong Lightsphere :

Gary Fong Lightsphere

 

Cet accessoire permet de diffuser la lumière du flash dans toutes les directions : vers le sujet, vers le plafond et vers les murs. La lumière qui « rebondit » sur le plafond et les murs illumine le sujet à partir de plusieurs angles, ce qui atténue et diffuse considérablement les ombres (voir ci-dessous). Evidemment, c’est surtout efficace en intérieur…

 

Utiliser le plafond

Si vous êtes en intérieur, le plus grand diffuseur qui est à votre disposition (et que vous n’avez pas besoin de transporter) c’est… le plafond !

Cette fois vous allez orienter la tête de votre flash vers le plafond. Celui-ci, éclairé par le flash, va se transformer en gigantesque source de lumière et éclairer le sujet à partir d’une surface énorme, éliminant quasiment toutes les ombres (à l’instar d’un ciel couvert par les nuages).

La photo ci-dessous a été prise avec cette technique :

Nissin i40 orienté au plafond

 

Comme vous pouvez le voir les ombres de la peluche ont quasiment disparues. En revanche celle-ci est bien moins illuminée que sur les photos précédentes, notamment sur la partie basse. Ceci s’explique par le fait que l’éclair du flash n’est plus orienté directement vers le sujet mais vers le plafond.

C’est maintenant le plafond qui éclaire le sujet par le haut, réduisant l’homogénéité de l’éclairage sur toute la hauteur de la peluche (d’après la loi en carré inverse, que nous avons vue dans la première partie de l’article).

Il est possible de contre-carrer ce phénomène en éclairant à la fois le plafond et le sujet, à l’aide d’un petit accessoire comme le Rogue Flashbender. En fixant ce réflecteur sur le flash, une partie de la lumière (envoyée au plafond) est renvoyée par le réflecteur pour illuminer directement le sujet :

Rogue FlashBender

 

Ceci offre un meilleur équilibre dans l’éclairage. Des ombres réapparaissent mais elle sont nettement adoucies par la lumière diffusée par le plafond :

Nissin i40 orienté au plafond + Rogue Flashbender

 

En intérieur, cette double diffusion est idéale et vous pouvez l’expérimenter facilement.

Grâce à la tête orientable de votre flash cobra, vous pouvez aussi utiliser un mur comme diffuseur (en orientant cette fois le flash vers le mur). Ceci vous permet d’obtenir une source de lumière qui n’est plus directement de face, mais provenant d’un coté. Cette lumière mettra en relief votre sujet, avec des transitions de clair et d’obscur du plus bel effet !

Pratiquez avec un sujet statique, comme pour les photos qui illustrent cet article. Ceci vous permettra d’essayer plusieurs combinaisons d’éclairage, de voir immédiatement quel en est l’effet et de comparer les résultats obtenus. Il n’y a rien de mieux que l’apprentissage par la pratique, et une peluche se laissera photographier des heures sans se plaindre…

 

La température de couleur

Notre dernière image est pas mal mais elle souffre d’un problème récurrent avec le flash en intérieur : le sujet parait beaucoup plus « froid » que l’ambiance, surtout sur la photo brute (non post-traitée).

Ceci tient à la différence de température de couleur entre l’éclairage ambiant (ici une lampe halogène) et l’éclair du flash.

La lampe diffuse une lumière d’une température d’environ 4000K alors que le flash est plus dans les 6500K, comme nous l’indique l’échelle des températures de couleur :

Echelle de températures de couleur, en degrés Kelvin (K) – Source Wikipedia

 

Le problème ici c’est que vous ne pouvez pas régler le boîtier pour corriger la température de couleur à la fois pour l’ambiance ET pour le sujet, forcément l’un ou l’autre sera en décalage et l’ensemble ne sera pas homogène :

Correction de la balance des blancs : à gauche pour l’ambiance, à droite pour le sujet

 

Si on corrige la balance des blancs pour l’éclairage d’ambiance (lampe halogène), la peluche apparaît d’un blanc froid, presque bleuté. Et si on corrige pour le sujet, alors tout le reste de la photo vire dans le jaune/orangé.

Pour gérer ce dilemme il n’y a que deux options :

  • changer la température de couleur (TC) de la lumière du flash
  • corriger en post-traitement

 

Changer la TC du flash

La lampe d’un flash cobra a une TC fixe et il n’y a pas de petit bouton magique permettant de la faire varier sur l’échelle Kelvin. Le seul moyen à notre disposition est de convertir cette lumière avant qu’elle n’atteigne le sujet.

Pour cela il suffit d’utiliser un petit film en gélatine colorée, fixé sur la tête du flash, qui va diffuser la lumière avec une température de couleur adaptée à la lumière ambiante :

Gélatine colorée pour flash

 

En passant à travers le film coloré, la TC de l’éclair change et la lumière se diffuse sur le sujet en harmonie avec l’éclairage d’ambiance :

 

Avec la gélatine colorée, l’équilibre sujet / ambiance est bien plus naturel et l’éclairage au flash se fait oublier.

Vous pouvez faire l’acquisition d’un kit composé de plusieurs gélatines colorées, comme celui-ci chez Rogue :

Kit de gélatines ROGUE

 

Non seulement ceci vous permettra d’harmoniser les températures de couleur sujet/ambiance avec plusieurs films de différentes intensité, mais vous pourrez également utiliser ces films pour des effets d’éclairages créatifs (projection d’une couleur, par exemple).

 

Corriger en post-traitement

L’autre solution, qui passe nécessairement par l’usage d’un logiciel de retouche photo, est de corriger localement la balance des blancs du sujet.

La plupart des logiciels de post-traitement offrent cette fonctionnalité, de manière plus ou moins simplifiée.

Avec Lightroom ceci s’effectue très facilement avec l’outil pinceau de retouche locale :

Correction locale de la balance des blancs dans Lightroom

 

  1. Sélectionnez l’outil pinceau
  2. Peignez le sujet et les éléments proches illuminés par le flash
  3. Modifiez la température avec la glissière, pour l’adapter à l’ambiance

Si le post-traitement peut dépanner ponctuellement, je vous recommande grandement d’utiliser les films colorés pour un résultat bien plus naturel, et qui vous évitera de devoir peindre des centaines d’images dans votre logiciel de retouche.

 

Les reflets

Le dernier point d’amélioration nécessaire sur cette image concerne le reflet du flash dans le pot de fleurs.

Disons le tout de suite, ici il n’y a pas vraiment de solution magique : comme l’eau s’infiltre par tous les interstices, la lumière se reflète sur tous les éléments brillants. Sur les objets ronds, comme ce pot de fleurs, il est quasiment impossible d’éviter les reflets.

Suivant les situations il y a quelques astuces qui peuvent être employées :

  • orienter le flash vers le plafond (ou un mur) pour que l’éclair ne se reflète pas directement sur les objets : l’inconvénient, nous l’avons vu plus haut, c’est que le sujet n’est plus directement illuminé et peut présenter un défaut d’éclairage non homogène sur tout sa hauteur.
  • changer l’angle des élements ou l’angle de la prise de vue pour réduire au maximum les reflets : par exemple un porteur de lunettes photographié de face rendra les reflets de l’éclair très visibles sur les verres. Faites-lui tourner légèrement la tête et l’angle des verres ne reflètera plus la lumière du flash…
  • arranger la scène pour éliminer ou cacher tous les éléments qui peuvent refléter fortement la lumière : en prenant quelques photos et en modifiant un petit peu l’arrangement des éléments (changement de l’angle avec l’appareil), il est souvent possible de ne plus voir de reflets vraiment gênants.
  • déporter le flash hors appareil pour qu’il éclaire le sujet avec un autre angle. Ceci nécessite toutefois de pouvoir déclencher le flash à distance (déclenchement optique, radio ou avec un câble).

Enfin lorsqu’aucune option n’est vraiment satisfaisante, comme sur notre photo d’exemple pour laquelle il est difficile d’empêcher le reflet du flash sur le pot de fleurs, reste toujours la possibilité de faire appel au post-traitement pour éliminer ponctuellement les reflets disgracieux.

Avec Lightroom j’ai éliminé les petits points blancs du flash facilement, avec l’outil de correction des défauts :

Retrait des reflets dans Lightroom

 

L’opération est vraiment très simple : elle consiste à cliquer sur les zones à corriger et de cibler quelle partie de l’image doit venir s’y substituer par « clonage ».

 

L’image finale

Nous voila arrivés au bout de l’exercice et après quelques ajustements, nous sommes passés de la toute première photo en mode « tout automatique » avec le petit flash EF-X8 :

à la photo finale :

XT109133-FINAL

 

Pour obtenir ce résultat, nous avons :

  • utilisé un flash Nissin i40 à la place du flash EF-X8 fourni avec le X-T1
  • réglé le X-T1 en manuel pour obtenir la bonne exposition pour l’ambiance
  • orienté la tête du flash vers le plafond pour adoucir les ombres
  • utilisé un Rogue Flashbender pour rendre homogène l’éclairage du sujet
  • corrigé la température de couleur du flash avec une gélatine colorée
  • éliminé les reflets en post-traitement
  • et enfin, retouché légèrement l’image (balance des blancs, exposition et clarté) pour la finaliser

Avec un peu de pratique, tout ce que nous avons vu dans ces deux articles est très facile à retenir et à reproduire. En peu de temps vous serez à même d’améliorer considérablement vos photos au flash, qui, au lieu de dormir au fond de votre sac, deviendra progressivement un élément créatif dont vous ne pourrez plus vous passer.

Voici quelques exemples de photos réalisées à l’aide d’un (ou plusieurs) flash cobra :

 

 

 

 

 

Informations complémentaires

Avec ces deux articles nous avons couvert les bases de la photographie au flash. Pour compléter, voici quelques notions et informations utiles.

Choix d’un flash

Tout dépend de l’usage que vous allez en faire. Pour éclairer des petits sujets (nature morte, portrait serré, etc) un flash cobra discret et léger comme le Nissin i40 suffit amplement.

Si vous envisagez de faire un peu de « studio », photographier des modèles de plain pied ou des petits groupes, mais aussi photographier en extérieur et au soleil, vous aurez besoin d’un flash beaucoup plus puissant. Le Fujifilm EF-X500 est ici clairement un bien meilleur choix, tout en sachant qu’un flash cobra reste très limité comparé aux flashs de studio professionnels, nettement plus puissants et polyvalents.

Pour des effets créatifs, vous pouvez envisager l’acquisition de plusieurs flashs pouvant être contrôlés et déclenchés à distance (voir mon article).

Nombre guide

Pour faire simple : cette valeur (souvent affichée comme « NG ») définit la puissance du flash. Plus elle est haute, plus le flash est puissant et plus il permet d’exposer correctement un sujet à une distance plus éloignée.

Si vous photographiez essentiellement en intérieur, à courte distance (4-5m), un nombre guide allant de 20 à 30 est généralement suffisant. Un flash plus puissant avec un NG de 50 ou plus s’avère surtout utile en extérieur, pour déboucher des contre-jour au soleil, pour photographier des sujets moyennement grands (petit monument, groupe de personnes, etc) ou des sujets un peu éloignés.

Des explications plus techniques sur le nombre guide sont disponibles ici.

La synchro flash

Il est important de savoir qu’il n’est pas possible d’utiliser le flash (à pleine puissance) à toutes les vitesses d’obturation. Sur le X-T1 par exemple, la « synchro-flash » est fixée au 1/180s.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Pour le comprendre il faut rappeler comment fonctionne un obturateur à rideaux : celui-ci est composé de deux volets (appelés « rideaux ») qui défilent en séquence devant le capteur.

Lorsque l’on presse le déclencheur – disons à une vitesse d’obturation de 1/60s – un premier rideau s’ouvre complètement (il défile du haut vers le bas) afin d’exposer le capteur à la lumière entrante par l’objectif. Puis, lorsque le délai d’obturation est écoulé, le 2ème rideau défile dans le même sens que le premier, cette fois pour recouvrir le capteur afin qu’il ne reçoive plus de lumière. Ce fonctionnement en séquence garantit que toute la surface du capteur est exposée de manière uniforme.

Avec le flash, l’éclair est émis une seule fois – dans son intensité choisie – entre l’ouverture du premier rideau et la fermeture du deuxième. 100% du capteur reçoit ainsi instantanément l’intégralité de la lumière provenant du flash. Jusque là tout va bien.

Ça se complique dès que l’on souhaite utiliser une grande vitesse d’obturation, par exemple 1/500s.

En effet, à partir d’une certaine vitesse d’obturation, le 2ème rideau commence à se fermer avant que le premier rideau n’ait complètement terminé de s’ouvrir. Cela signifie que le capteur n’est plus intégralement « découvert » mais qu’au contraire le défilement simultané des deux rideaux forme une petite « fenêtre » qui défile verticalement devant le capteur. Et plus la vitesse d’obturation est rapide, plus cette fenêtre est étroite.

Le problème avec ce fonctionnement, c’est qu’il n’y a plus aucun moment opportun pour émettre l’éclair du flash car le capteur n’est jamais intégralement exposé. Si le flash est déclenché, seule la partie du capteur découverte par la petite « fenêtre » défilante reçoit la lumière du flash, laissant le reste de l’image sous-exposé.

La vitesse de syncho-flash est donc la vitesse « maximale » durant laquelle le capteur est pleinement exposé à la lumière, c’est à dire avec le premier rideau complètement ouvert avant que le deuxième rideau ne se ferme.

Sur le X-T1 cela signifie que jusqu’à 1/180s le flash peut exposer correctement l’image, mais qu’avec une vitesse plus rapide (dès 1/200s, théoriquement) l’utilisation du flash n’est plus possible.

La vitesse synchro-flash pose problème lorsque vous photographiez en extérieur et/ou avec des grandes ouvertures (f/1.2, f/1.4, …). Dans cette situation de forte luminosité ambiante, la bonne exposition nécessite que la vitesse d’obturation soit rapide, de l’ordre du 1/500s, 1/1000s voire plus rapide encore. Utiliser votre flash pour déboucher un sujet en contre-jour devient donc difficile.

Deux solutions existent :

  • utiliser un filtre ND pour réduire l’intensité de la lumière entrante dans l’objectif jusqu’à parvenir à atteindre une vitesse inférieure à la vitesse de synchro-flash, avec toutefois l’inconvénient de réduire en même temps la lumière provenant du flash
  • utiliser la synchro haute vitesse, appelée « HSS » (High Speed Sync)

Si le flash supporte la synchro haute vitesse et que vous l’activez, celui-ci n’émet plus un unique éclair mais toute une série d’éclairs très rapides, garantissant que le capteur reçoive sa lumière tout le long du processus d’obturation défilante. L’inconvénient de la synchro haute vitesse est que l’intensité de chaque éclair est réduite, ce qui limite son utilisation à d’assez courtes distances du sujet.

A noter que le X100/S/T/F dispose d’un obturateur central (situé dans l’optique) qui permet la synchro-flash jusqu’à 1/2000s ! C’est un atout considérable pour utiliser votre flash en extérieur.

Modes M et TTL

Le mode TTL (Through The Lens) vous évite de devoir régler manuellement l’intensité du flash pour l’exposition correcte du sujet. Dans ce mode, le flash envoie un premier éclair de faible intensité afin de mesurer (à travers l’objectif) quelle doit être l’intensité exacte de l’éclair principal pour exposer correctement le sujet.

L’utilisation du mode TTL est très pratique lorsque vous n’avez pas le temps (ou l’envie) de régler finement l’éclair à l’intensité qui vous convient. En soirée ou en reportage il n’est pas réaliste de prendre plusieurs photos afin de trouver la bonne intensité d’éclair. Le mode TTL s’en charge pour vous et vous laisse vous concentrer sur la composition !

A noter que le TTL fonctionne parfaitement dans toutes les situations : avec un diffuseur, en orientant le flash vers le plafond ou un mur, dans une boîte à lumière, etc.

En revanche, comme le TTL choisit pour vous l’intensité de l’éclair, l’exposition ne convient pas toujours à vos goûts. Vous avez cependant la possibilité d’utiliser la fonction de « compensation d’exposition au flash » afin de corriger (en plus ou moins) l’intensité de l’éclair mesurée par le TTL. Ceci fonctionne comme la correction d’exposition classique.

Enfin, si vous préférez avoir le plein contrôle de votre flash, basculez-le en mode M et ajustez avec une grande précision l’intensité de l’éclair à émettre. Ceci vous garantit une série de photos cohérentes lors de vos sessions de studio.

Tout comme il est bon de désactiver ponctuellement les automatismes de votre appareil, il en va de même avec ceux du flash.

Que faire d’autre avec un flash ?

L’utilisation du flash ne se résume pas à éclairer un sujet.

Vous pouvez l’employer pour « figer » un mouvement, comme ici :

DSC_2991

 

La vitesse d’obturation de 1/15s n’était pas suffisante pour figer le mouvement du surfeur qui, sans flash, aurait été complètement flou sur la photo. En activant le flash, la très brève durée de son éclair (de l’ordre de 1/20000s) a littéralement figé le surfeur en plein vol !

Le flash permet également de simplement déboucher les ombres. Dans ce cas le rôle du flash n’est plus d’éclairer le sujet, mais d’atténuer le très fort contraste formé par les ombres dures d’une journée ensoleillée. Le flash réglé pour émettre un éclair de faible intensité n’influe pas vraiment sur l’exposition du sujet, mais éclaire suffisamment les ombres pour qu’elles soient plus discrètes.

Enfin le flash dispose de quelques fonctions ludiques, telles que le mode stroboscopique ou la synchro sur le 2ème rideau, qui vous donnent l’occasion d’exprimer votre créativité et réaliser des images surprenantes !

 

Conclusion

La photographie au flash est un sujet vaste qui nécessite l’écriture d’un livre entier pour en couvrir tous les usages. Toutefois ces deux articles, je l’espère, vous permettront de voir d’un nouvel oeil cet accessoire trop souvent négligé car mal compris.

Si l’emploi du flash n’est pas toujours souhaitable en toutes occasions, il s’avère être indispensable dans certaines, et en maîtriser l’utilisation vous offrira la possibilité d’améliorer grandement vos images. Usez et abusez du flash !

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3 Commentaires

  • Répondre Nathalie 26 février 2017 à 19 h 41 min

    Bonjour.

    J’ai lu avec attention vos articles sur les flashs.
    J’envisage d’investir pour accompagner mon X-T1. Mon usage : de la nature morte en intérieur, éventuellement un peu de macro (intérieure et extérieure) et plus rarement quelques portraits en famille (sur des enfants qui bougent pas mal). Le flash serait donc plutôt déporté.
    Comme je n’y connais rien en flash, je partais sur une version TTL mais je pense qu’il va falloir que je me lance dans le mode manuel.
    Je partais sur le Nissin i40 et voilà que je tombe sur une autre de vos articles (http://www.lefujiste.com/photo-flash-materiel-pour-debuter/) qui me fait douter : le Yonguo + le transmitteur radio ne serait-il pas suffisant pour mon usage ?
    Qu’en pensez-vous ?
    Quelle serait la solution la plus simple pour commencer (et perdurer) ?

    Merci de votre aide (et de votre travail sur ce site).

    • Répondre Gil 27 février 2017 à 9 h 33 min

      Bonjour Nathalie,
      En déporté il est préférable d’aller vers la solution Yongnuo + déclencheur radio, solution très peu onéreuse, flash plus puissant et excellent contrôle à distance.
      Ceci fonctionnera tout aussi bien pour la nature morte que pour le portrait, moins pour la macro en revanche.

      • Répondre Nathalie 27 février 2017 à 19 h 55 min

        Merci Gil pour cet avis. Je vais donc regarder de plus près la solution Yongnuo.

    Déposer un message