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La retouche en questions

Vous avez sans doute dernièrement lu le scandale des photos retouchées de Steve McCurry, photographe mondialement connu notamment pour sa photo iconique de la jeune fille Afghane. Les débats sur la retouche sont aussi fréquents et passionnés que le RAW vs JPEG, et ils le seront sans fin. J’ai pour ma part un avis sur le sujet que je souhaite partager avec vous ici.

 

On pourrait croire d’un premier abord que la retouche photo est apparue avec l’ère du numérique et l’arrivée de Photoshop, or cette technique a été employée depuis que la photographie existe, à différents niveaux.

A l’époque de Staline par exemple, bon nombre de photos de propagande ont été retouchées plus ou moins sévèrement, telle que celle-ci où Trotski a purement et simplement été retiré de la photo originale :

Photo originale

Photo retouchée

Note : si vous souhaitez en savoir plus sur cette photo et sur les techniques de trucage à l’époque de l’argentique, lisez cet article très intéressant.

Les raisons qui motivent la retouche d’une image sont multiples :

  • pour donner du punch à une photo plate,
  • pour améliorer la composition,
  • pour retirer un élément disgracieux ou gênant,
  • pour déformer la réalité,
  • pour donner une touche artistique ou surréaliste,
  • etc

Le terme « retouche » lui-même est assez difficile à délimiter : en dehors de faire disparaître ou ajouter des éléments, où faut-il mettre le curseur qui indique qu’une photo est retouchée ?

  • est-ce que corriger la luminosité, la balance des blancs ou le contraste peut-être considéré comme de la retouche ?
  • est-ce que recadrer c’est de la retouche ?
  • est-ce que passer une photo couleur en noir et blanc c’est la retoucher ?

Il me semble que chacun positionne ce curseur suivant sa propre perception de ce qu’est la retouche. De mon coté je fais partie de ceux qui considèrent que la retouche ne veut rien dire dans le sens ou l’image (même en RAW) est déjà une altération de la réalité !

Quelques puristes voudraient que l’on présente nos photos sans la moindre déformation de la scène originale, c’est à dire telle que capturée par l’appareil. De leur point de vue c’est cela, « la photographie », et que la moindre correction entre dans le cadre de l’infographie.

Pour la petite histoire, c’est aussi ce que j’ai pensé à mes débuts avec un appareil numérique. Après avoir longtemps photographié en argentique (tirant même mes photos couleurs dans ma salle de bains !) il m’était inconcevable que l’on puisse « trafiquer » une image numérique avec Photoshop (et encore, à l’époque Photoshop était loin d’avoir les possibilités de retouches qu’actuellement).

La photographie, pour moi, c’était soigner ma composition au cordeau, exposer à la perfection et tirer l’image dans les règles de l’art. Rien d’autre.

Or, j’oubliais que sous l’agrandisseur je re-cadrais parfois mes photos et que je jouais avec le temps d’exposition pour faire varier la densité de mes tirages. Et il m’est même arrivé d’utiliser des masques… Quelle différence avec les corrections basiques que tout un chacun peut faire avec une photo numérique et un bon logiciel de retouche ? Aucune, il me semble.

De plus, croire que l’image brute issue du boîtier est une copie exacte de la réalité (ou du moins, du monde tel que perçu par nos yeux) est tout bonnement incongru :

  • la dynamique limitée du capteur : réalité altérée
  • les distortions et défauts optiques sur l’image : réalité altérée
  • les perspectives propres à la focale utilisée : réalité altérée
  • les capacités du capteur a enregistrer les couleurs exactes : réalité altérée
  • le format du capteur : réalité altérée
  • le traitement du fichier JPEG : réalité altérée

Quelque soit sa forme, l’image qui sort de l’appareil n’est qu’une vague représentation de la scène réelle, et en un sens on peut déjà considérer qu’elle est « retouchée » dès sa « mise en boite ».

Et puis même, qu’est-ce que la réalité ? Celle que l’on perçoit avec nos yeux ? Nos yeux ne sont rien d’autre que des objectifs qui transmettent l’image à notre « capteur » de cerveau. Nul d’entre nous ne perçoit la réalité telle qu’elle existe vraiment, et plus encore, nous ne percevons pas tous cette réalité de la même manière de par nos différences biologiques.

Comment donc peut-on blâmer la retouche (du moins dans ses formes basiques) de dénaturer l’original puisqu’il est déjà altéré à tous les niveaux ?

 

Les deux niveaux de retouches

De mon point de vue, il y a deux niveaux de retouches :

  • la retouche « correctrice » qui consiste à re-cadrer, modifier la balance des blancs, la luminosité, le contraste, etc.
  • la retouche « créative » qui transforme l’image à des fins artistiques : passage en noir et blanc, ajout de bruit, modification de l’image (tampon), etc.

Si la retouche correctrice reste assez bien acceptée et employée par tout le monde (même inconsciemment), il n’en va pas de même pour la retouche créative qui divise les opinions.

 

Retouche correctrice

Il serait dommage de ne pas s’y adonner dans le sens ou elle ne peut que mettre en valeur une image (surtout provenant d’un RAW) sans la « dénaturer » (j’entend par là, rester le plus proche possible de ce qu’a souhaité capturer le photographe).

Si vous travaillez en JPEG, les réglages boîtier tels que la balance des blancs, le contraste, la saturation, l’accentuation, la plage dynamique ou le profil de simulation de film effectuent à votre place des retouches correctrices sur vos photos. Dès lors, que l’appareil vous délivre un JPEG corrigé ou que vous effectuiez les corrections vous-même à partir d’un RAW, c’est du pareil au même : la photo est retouchée.

Parmi les retouches correctrices, c’est le recadrage qui fait le plus souvent débat. Certains considèrent qu’il faut soigner sa composition à la prise de vue et ne pas recadrer, que ce soit d’un point de vue puriste ou pour préserver une qualité d’image optimum.

Il est bien connu que Henri Cartier-Bresson ne re-cadrait quasiment jamais ses photos. Est-ce pour autant un exemple à suivre aveuglément ?

D’une part nous n’avons pas tous le même oeil ni le talent des maîtres, et ne pouvons donc prétendre produire des images parfaites brutes de boîtier, d’autre part il y a certaines photos de HCB qui auraient sans doute plus de force si elles avaient été re-cadrées.

Se passer systématiquement de cette possibilité n’a pas de sens pour moi. Pourquoi devrions-nous nous restreindre à améliorer une image lorsque c’est nécessaire et possible ? Au nom de quelle règle ?

Comprenez-moi bien : je ne dis pas qu’il faut recadrer systématiquement pour rattraper des photos mal composées, au contraire je fais partie de ceux qui considèrent que l’image doit être la plus aboutie possible dès la prise de vue. Meilleure est la photo à la source, meilleure elle sera après le post-traitement. Et à l’inverse, il est assez rare de produire une photo de très grande qualité à partir d’une piètre image source, tout expert Photoshop que l’on soit !

En revanche je pense qu’il ne faut pas hésiter à utiliser les outils à notre disposition lorsqu’il s’agit de donner plus de force à une image, et que s’en dispenser pour des considérations un peu farfelues est bien dommage.

 

Retouche créative

La cause principale des débats passionnés, c’est bien elle.

Je ne pourrai jamais donner tord au photographe qui rejète la retouche créative, tout comme je ne pourrai lui donner raison non plus. Car ici on rentre dans un domaine où chacun à ses opinions. Entre les puristes, pour qui l’emploi du tampon de duplication sonne comme le Diable entrant dans une église, et les « artistes » qui usent et abusent de tous les outils de Photoshop pour détourner complètement une photo, il y a tout une gamme de photographes-infographistes qui mettent chacun le curseur du « pixelitiquement correct » à diverses positions.

Alors plutôt que tenter de démontrer ou se situerait une « vérité » que j’ignore, je préfère simplement exprimer mon point de vue sur ce sujet.

Pour moi, tout ce qui compte c’est la perception de mes photos par ceux et celles qui les regardent. Je m’efforce – dans la mesure de mes capacités de photographe – de faire en sorte que mes images provoquent une réaction, une interrogation, une émotion, un sourire… Qu’elles plaisent ou non n’est pas ma préoccupation première, du moment qu’elles suscitent une attention et non une indifference, mon « challenge personnel » est réussi.

Si une personne s’attarde plus de 5 secondes devant une photo, pour moi elle est réussie, que la photo provoque de l’admiration ou de l’hostilité. Observer une image plus de 5 secondes, cela signifie qu’elle n’est pas banale.

 

Seule l’image finale compte

Toutes les considérations liées à la prise de vue, au matériel et au post-traitement n’ont strictement aucune importance à mes yeux. Lorsque je mange une excellente tarte aux pommes, je ne me pose pas la question de savoir comment le pâtissier a cuisiné sa tarte, la seule chose qui importe c’est l’agréable sensation qu’elle procure à mes papilles.

Pourquoi faudrait-il disséquer toutes les étapes de construction d’une photographie ?

Pour illustrer mon propos, voici cinq de mes photos. Jouez le jeu et observez-les une minute ou deux avant de lire la suite (et ça leur donnera une chance d’avoir été regardées pendant au moins 5 secondes !)

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Street Music

 

Et maintenant, quelques questions :

  • Avez-vous pris du plaisir à les découvrir et les regarder ?
  • Vous êtes-vous demandé si elles sont retouchées ?
  • Si oui, est-ce que ce fut votre préoccupation première ?
  • Est-ce que savoir si elles sont retouchées a une importance ou changerait votre perception de ces images ?
  • Si elles sont retouchées, est-ce que ce sont toujours des photos d’après vous ?
  • Si l’une d’elle vous plait tout particulièrement et que vous apprenez qu’elle est fortement retouchée, vous plaira t-elle moins ?

Maintenant que j’ai mis votre réflexion à l’épreuve, je vous dois bien la vérité…

Parmi ces cinq photos :

  • une n’a aucune retouche,
  • une est légèrement re-cadrée,
  • une est fortement re-cadrée et a été revue dans sa colorimétrie,
  • une est retouchée pour retirer quelques éléments gênants,
  • une est très fortement retouchée et ne ressemble presque plus au RAW d’origine

Maintenant que vous connaissez la vérité – mais sans savoir qui est qui – avez-vous toujours la même lecture de ces photos ?

Certes, je ne suis pas un photographe célèbre et mes images ne sont sans doute pas assez spectaculaires pour que l’exercice soit significatif, alors revenons à Steve McCurry et prenons un autre exemple avec sa photo exceptionnelle de la jeune fille Afghane :

Sharba Gula, Afghan Girl – (c) Steve McCurry

 

Cette photo (argentique) a été publiée en 1985 et elle n’est évidemment pas passée par les algorithmes de Photoshop, mais imaginez quelle ait été prise à l’ère du numérique. Si c’était le cas, on pourrait se poser des questions :

  • a t-elle été re-cadrée ?
  • est-ce que les couleurs ont été modifiées ?
  • est-ce que le fond a été changé ?
  • est-ce que des éléments parasites ont été effacés au tampon ?

Mais qu’est-ce qui importe vraiment dans cette photo ? Qu’elle puisse avoir été retouchée, ou bien l’incroyable force du regard hypnotique de la jeune fille et l’harmonie quasi parfaite des formes et des couleurs ?

J’ai découvert cette photo « telle qu’elle » et elle m’a touché dès la première lecture. Ai-je besoin de savoir que peut-être le fond était à l’origine un mur de briques ou qu’une mouche était posée sur la joue de la fillette ? Quelle importance peut avoir l’image brute capturée par le boîtier ? Celle qui compte, c’est celle que je vois et qui me plait depuis toutes ces années.

Je crois que ce qui peut être reproché à Steve McCurry c’est d’avoir exposé en galerie une photo comportant des retouches très grossières effectuées par un infographiste négligeant ou qui maîtrise mal son sujet.

Mais peut-on vraiment lui reprocher d’avoir retouché certaines images, lorsque l’on voit la qualité de son portfolio extraordinaire ? Peu d’entre nous, aussi expert de Photoshop que l’on soit, ne pourraient produire autant de formidables images. La retouche ne fait pas l’artiste mais elle permet à l’artiste de sublimer son art.

A l’exception du photo-journalisme, qui selon moi je devrait jamais utiliser la retouche pour transformer un témoignage, je ne vois pas de raison logique pour s’interdire le droit de re-travailler ses images.

Pour beaucoup la photographie est une forme d’art dont le but est d’émerveiller, faire rire ou pleurer, provoquer des réactions, ouvrir l’esprit, s’interroger… la retouche est l’un des outils qui leur permet d’exprimer leurs « visions », ils seraient bien mal avisés de s’en priver au nom d’une éthique dictée par quelques uns.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

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10 Commentaires

  • Répondre gil / Tigris 5 février 2017 à 15 h 13 min

    Merci pour l ensemble de tes articles d’une grande qualité rédactionnelle et tes points vue frappés du bon sens.
    Bien évidemment la phographie au sens artistique ne reçoit aucune règle et c’est ainsi qu’elle prend la même liberté d’expression que les arts classiques.

    L’appareil photo est lui même par ses caractéristiques techniques un frein à l’expression. Plus exactement, celui qui utilise cet outil doit se plier aux caractéristiques de cette belle machine.
    Je vois ce que je peux faire et j imagine ce que je pourrais faire de la scène qui se présente. L’appareil photo m’offre des possibilités que j’utilise ou non volontairement ou involontairement.

    Comme toi Gil, je n’utilise plus mon reflex, mais pour d’autres raisons : il n’est pas là quand mon regard à besoin de cette petite machine à remonter le temps comme j’aime à l’appeler.

    J’ai arrêté de faire des photos à partir d’une démarche orchestrée : prendre mon matériel pour FAIRE des photos.

    Un jour j’ai trouvé cela incongru.
    Je ne suis pas malheureux d’abandonner plus de 40 ans d’habitudes : j’ai simplement voulu devenir libre dans mes mouvements SANS me priver d’une possibilité créatrice ou de témoignage face à un événement qui interpelle mon regard sensible au quotidien.

    Voilà pourquoi depuis 2 ans environ je réalise l’essentiel de mes photos avec mon smartphone.
    Moi qui avais depuis longtemps conservé qu’elle seule focale, le 85mm, je me suis retrouvé à n’utiliser que le grand angle de mon téléphone – le zoom étant peu pratique et peu qualitatif.
    J’ai, par la force des choses, été obligé de faire avec ce nouvel angle de vue qui ne CADRAIT PAS COMME JE VOULAIS.
    Je me suis donc octroyé le droit de recadrer à posteriori ce que mon regard souhaitait monter.

    Mes photos recadrees ou non seront toujours MA vision d’une réalité.

    La liberté acquise c’est celle de pouvoir capturer un morceau d’espace et de temps tel que mon regard émotif l a perçu.

    Ces photos là JAMAIS elles n’auraient vu le jour avec une démarche photo.

    C’est le plus important à mes yeux : être témoin et créatif lorsque je suis en présence d’une scène émouvante et que j’ai envie de sortir de ma poche la petite machine imparfaite.
    Si je préfère, je reste à jouir de l’instant présent sans le perturber avec une démarche personnelle et parfois un temps soit peu dérangeante.

    J’ai découvert ton blog Gil car j’attendais la sortie du X100F : tu peux imaginer mon attente de ce jouet qui sera comme un cadeau de Noël.
    Il sera ainsi le prolongement de mon œil et de mon esprit attentif et ému.
    Bien présent à chaque instant au fond de ma poche ou dans ma voiture ou …
    dans mon cercueil !

    • Répondre Gil 5 février 2017 à 15 h 31 min

      Bonjour Gilles,
      Merci pour ton retour d’expérience et ton approche photographique très interessante.
      J’ai longuement songé à la même démarche et de n’utiliser que mon smartphone, mais après quelques tentatives en photo de rue, je n’ai pas retenu cette option.
      Je trouve que le temps de latence du smartphone ne permet pas de saisir l’instant décisif, en revanche la qualité d’image est désormais très bonne (du moins dans des bonnes conditions de lumière).
      Le X100(S/T/F) c’est l’appareil idéal pour l’avoir toujours sur soi sans qu’il n’encombre.
      Durant 2 ans j’ai transporté mon X100S avoir moi partout ou j’allais, difficile de faire mieux (le Ricoh GR étant aussi une très bonne option). Le seul reproche que je pouvais lui faire était la mollesse de son AF qui m’obligeait à travailler en hyperfocale (zone focusing), le X100T n’était pas tellement plus performant pour que change, en revanche le X100F semble redoutable et j’ai hâte de le tester…

      • Répondre gil / Tigris 5 février 2017 à 18 h 31 min

        Le temps de latence n’est plus rédhibitoire comme il l’était par exemple sur les premiers Sony numériques de poche dont j’ai eu la malheureuse expérience.
        Ce n’était pas un photophone mais un appareil photo a part entière et pourtant très agaçant du fait d’un fort temps de latence.

        Les choses ont bien évoluées des deux côtés et mon HTC M8 qui n’est pas le meilleur côté photo est un outil sympa en attendant le X100F.

        Je voulais simplement souligner que la photo avec un appareil de poche qualitatif – ou même un photophone – à le vent en poupe auprès d’un grand nombre.
        Tout simplement par une présence sur soi qui permet de satisfaire de nombreux besoins ou de saisir un événement :
        un article dans un magasin, une photo… copie de document, un concorde qui s’enflamme, un enfant perdu, un chaton dans le cerisier, un quai et ses sourires, …

        Un Inventaire sans fin à la Prevert pour des possibilités infinies :
        les appareils photos qui ne tiennent pas dans une poche ne peuvent être au rendez-vous de la vie.

        Fujifilm a le succès qui est le sien pour cette raison mais aussi parce qu’il offre au photographe la possibilité d’être créatif avec un outil sans concession sur la qualité.

        La démarche photo avec un reflex et une optique de qualité garde bien entendu toute sa place.
        Je n’ai pas revendu mon reflex plein format et les focales fixes lumineuses.

        Le photophone n’était pas une démarche définitive mais une position d’attente.
        Je voyais les progrès accomplis par les APS /C avec une envie grandissante d’en acquérir un.

        La focale fixe en grand angle ne me fait plus peur avec l’expérience du photophone et du recadrage possible.
        D’ailleurs il reste la possibilité du zoom numérique sur les nouveaux venus.

        Entendons-nous bien, je recherche le prolongement de mon œil avec une mémoire numérique qualitative, un compagon de chaque instant ou presque disponible quand j’en ai besoin.

        Dans cette démarche l’importance de l’instant qui se présente est supérieure à une recherche de qualité.
        Alors quand en plus la qualité est au rendez-vous, c’est Noël !

  • Répondre Pierre Ginoux 3 septembre 2016 à 22 h 17 min

    En gros la retouche ou développement de l’image à sa façon et selon ses gouts ne me gêne pas mais , pour une photo comme celle avec Lenine et Trosky par exemple, il y a la un travestissement de la réalité et là c’est grave car on n’est plus dans le développement, la retouche ou l’infographie on est dans le mensonge.

  • Répondre christophe plc 20 juillet 2016 à 23 h 03 min

    Ceux qui critiquent les « retouches » meme mineures sur une très belle photo, devraient avoir des difficultés à apprécier une toile executée par un Maitre . Tant une peinture n’est qu’une succession de retouches , d’effacements, de recadrages , de coloris modifiés pour au final etre reconnue comme une oeuvre apréciée durant des decennies ou des siecles et qui plus est , éloignée de la « réalité »

  • Répondre Duplessy Pierre 12 juillet 2016 à 12 h 53 min

    Bonjour,
    Je suis très étonné de réactions aussi vives sur Mr Mac Curry. J’adore ses images, il a une « couleur » bien à lui, c’est sa marque de fabrique et c’est tant mieux. Il a un peu triché… Mais au fait, qui n’a jamais supprimé un fil électrique disgracieux, une antenne parabolique sur un jolie chaumière bretonne ??? Est on certain que Monalisa avec son sourire énigmatique ait posé sur un fond campagnard, David n’a t il pas rajouté la maman de l’empereur sur Le Sacre… ? Donnez moi la diapo originale de la jeune fille afghane, et j’en ferai vraisemblablement quelque chose d’extrêmement banal ! Et elle ne sera plus une des 100 images les plus connues (et admirée) de tous. J’ai rêvé devant cette magnifique photo, oui rêvé ! Et cette photo a arrêté mon regard bien plus de 5 secondes !!!!
    La photo est un merveilleux média d’émotions visuelles. J’aimerai que cela dure, ne voyons pas de mauvaises intentions partout.
    Même les photos d’actualité sont bidouillées, et ce, depuis l’invention de la photographie.
    Alors il ne faut compter que sur son jugement et sa sensibilité propre, pour faire la part des choses.
    Je me ferai abuser… Tant pis.
    Mais je vais essayer de rêver, toujours et encore devant de belles images, bricolées ou pas.
    Pierre D.

    • Répondre Gil 12 juillet 2016 à 12 h 59 min

      Bonjour Pierre,
      Merci pour votre commentaire.
      Je pense que le fond du problème, concernant McCurry, est qu’il a longtemps été photojournaliste et que ce type de photographie ne devrait jamais être manipulé.
      Il a expliqué ensuite que les photos à polémique sont dans le cadre de travaux plus artistiques et personnels, sans vraiment convaincre les plus sceptiques.

  • Répondre Pacome 16 juin 2016 à 12 h 00 min

    Bonjour,
    merci pour cet article

    Ce qu’il faut savoir, c’est que chaque publication de photographie en presse ou galerie s’accompagne toujours d’une note d’intention. Je connais très bien le travail de Steve McCurry que je suis depuis 1985. Je connais la plupart de ces discours sur la photo documentaire ou le photojournalisme depuis plus de 30 ans : la capture de l’instant prégnant dans le hasard de ses pérégrinations, l’utilisation naturelle de la lumière (pas de flash ni de réflecteur), aucune retouche photographique…
    Depuis, le 29 avril 2016, beaucoup d’esthète de la photo comme moi sont tombés de haut. La plupart, sinon, toutes ses photos sont retouchées, même l’Afghane au yeux si « brillants » et à la peau si « propre » a été retouchée… C’est dire l’écart entre le discours et la pratique qui m’évoque à quelques égards les mensonges de Jérôme Cahuzac ou de Lance Armstrong. C’est du même acabit. Combien de photographes ont été abusées par sa perfection incroyable qui dépassait l’entendement… Tout était faux et retouché. Si Steve s’était établi d’emblée comme un artiste, « storyteller » comme il le dit trop tard pour se dédouaner, on n’aurait prêter aucune attention à ses retouches.

    Et ce fameux assistant, qu’il accusait d’avoir eu trop de zèle à retoucher ses photos, était-il à en 1985, en 1987, en 1992, etc. Steve McCurry fait de très belles photos retouchées à sa sauce mais qu’il ne préface plus ses bouquins en expliquant qu’il se veut protecteur d’un passé… qui en faite n’existe que dans sa tête.

    Toutes les photos du National Geographic ont été mise en scène pour la plupart pour évoquer un ailleurs exotique (photo du wagon du Taj Mahal, les bergers au turban rouge de Jodhpur, etc.

    Comprenez que l’on tombe des nues pour cet écart entre le discours et la pratique.

    Tenez, voici un extrait d’article qui vente la pureté des photos de Steve McCurry pour critiquer les photographes qui font trop de traitement :
    « Jean-François Leroy ne cite aucun nom, préfère insister sur les contre-exemples au talent manifeste qui se passe d’adjuvants : le grand Eugene Richards, au plus près de la guerre en Irak avec le retour des soldats blessés en Amérique ; Callie Shell, dans l’intimité inédite du président Obama ; Steve McCurry, dont La Jeune Fille afghane a bien les yeux verts ; William Klein dont les photos au grand-angle en noir et blanc sont éloquentes en elles-mêmes ; Raymond Depardon, qui travaille encore avec des pellicules argentiques. » (source http://www.lefigaro.fr/culture/2010/09/03/03004-20100903ARTFIG00700-des-photos-trop-belles-pour-etre-honnetes.php) »

    Même les journalistes croyaient que les photos de Steve étaient sans adjuvants !

    • Répondre Gil 16 juin 2016 à 18 h 12 min

      Bonjour Pacome,
      Merci pour ce message très intéressant.
      L’affaire McCurry a été une inspiration pour mon article sur la retouche, mais il ne s’agissait pas ici de juger de son éthique, ce serait l’objet d’un autre article tout à fait différent.
      Comme je l’ai écrit, retouchées ou non, ses photos (comme d’autres) me parlent et je ne cherche pas à grater le vernis pour savoir ce qu’il y a derrière.
      Cependant je comprend tout à fait votre déception, ainsi que celle de ses nombreux fans, puisqu’il y a eu mensonges et tricheries.

  • Répondre AlbertLeVert 15 juin 2016 à 9 h 16 min

    Merci pour cet article, je suis entièrement d’accord avec toi.

    Dans l’altération de la réalité on peut aussi parler du maquillage et de l’éclairage, qui sont souvent plus efficace que le post-traitement, et qui sont réaliser avant même de déclencher.

    Et il ne faut pas oublier que quand on prend une photo, on cadre, on compose, on choisit ce qu’on veut montrer, de part se simple fait on occulte déjà une grand parti de la réalité.

    Les hurluberlues qui prônent la sacro-sainte photo sans retouche qui nous montre la réalité me font bien rigoler, ils oublient qu’avant même avoir pris leurs photos ils ont déjà altère la réalité.

    Comme dans ton exemple de la tarte, si la photo arrête mon regard, qu’elle déclenche de l’émotion, alors pour moi, c’est une photo réussi.

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